Still Standing : la culture se lève pour se faire entendre

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Le monde culturel est particulièrement touché par les mesures de confinement. Ce samedi 16 janvier, artistes, travailleuses et travailleurs de la culture, associations socioculturelles, collectifs et fédérations des arts et de la création rappellent au monde politique l’essence et l’importance de la culture.

Le 22 décembre paraissait dans Le Soir et MO* la carte blanche "La culture n'est pas une variable d'ajustement !", signée par 650 organisations dont ScriptaLinea. Nous l'avions relayée ici-même. Mais malgré les appels, les cartes blanches et les discours, aucune perspective n'est encore proposée par le monde politique.

Près d'un mois plus tard, nous nous associons donc à l'initiative Still Standing #2. Diffusée en live sur les réseaux et projetée sur les façades de certains lieux culturels, cette performance aux allures de cabaret se clôturera par une minute de silence, en soutien à ce champ d’activités protéiforme et à ces multiples disciplines actuellement mises sous cloche. Nous en reproduisons le communiqué ci-dessous :

 

Still Standing #2
Samedi 16 janvier | 17h30
La Monnaie-De Munt | Bruxelles

Il est 17h30 heures, place de la Monnaie à Bruxelles. Un parterre de spectatrices et de spectateurs se forme devant un théâtre, fermé, grillagé, situé à deux pas d’une rue commerçante empruntée quotidiennement par des dizaines de milliers de personnes. Bientôt, des technicien·nes, auteur·es, interprètes, créatrices et créateurs, étudiant·e·s en arts, vont se succéder pour des prises de paroles et autres numéros de circonstance. Le silence envahit la place. Le spectacle va bientôt commencer. Le public se lève et applaudit, chaleureusement.

Ce samedi 16 janvier, artistes, travailleuses et travailleurs de la culture, associations socioculturelles, collectifs et fédérations des arts et de la création, rappellent au monde politique l’essence et l’importance de la culture. Diffusée en live sur les réseaux et projetée sur les façades de certains lieux culturels, cette performance aux allures de cabaret se clôture par une minute de silence, en soutien à ce champ d’activités protéiforme et à ces multiples disciplines actuellement mises sous cloche.
Le secteur culturel, comme d’autres, subit de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. Mais il subit, plus que d’autres, une inégalité de traitement flagrante dans la gestion de cette crise. L’accès à la culture est pourtant un droit fondamental qui, comme l’accès aux soins, à l’éducation ou à la justice, ne peut être sacrifié sur l’autel des chiffres. Bien plus que défendre le travail de tout un secteur et son économie, bien plus que se soucier de la survie de métiers aujourd’hui menacés, défendre la culture c’est affirmer une vision du monde. C’est protéger les droits culturels du public et des citoyens. C’est considérer que nous ne sommes pas que des êtres biologiques, que les liens sociaux et la créativité sont nécessaires à la santé mentale. C’est sanctuariser un bien démocratique indispensable au fonctionnement de toute société, a fortiori en temps de crise et d’incertitudes. C’est rappeler que les organisations culturelles remplissent des missions de service public, dont la continuité n’est plus assurée depuis 10 mois.

Nous réaffirmons donc, à l’instar des actions Still Standing en juin dernier et de la carte blanche parue dans la presse le 22 décembre et portée par 650 organisations, qu’il n’est pas acceptable de traiter la culture comme une banale variable d’ajustement. La distinction entre “essentiel” et “non essentiel” est un simplisme économique qui renforce une société à plusieurs vitesses. C’est un choix idéologique qui doit cesser de guider les décisions politiques au risque de créer des conséquences néfastes et irréversibles.

D’un point de vue sanitaire, les lieux culturels sont des endroits sûrs soumis à des protocoles stricts, validés par des virologues, dont aucune étude n’a démontré qu’ils seraient propices à la propagation du virus… en tout cas pas plus que d’autres espaces de rassemblement qui, eux, sont en activité. Or, si la solidarité est l’un des maîtres-mots dans la gestion de cette crise, nous demandons qu’elle s’applique entre les différents secteurs, afin de répartir le poids des mesures sur l’ensemble de la société. Et de permettre à tous de fonctionner, même en régime réduit et pourquoi pas à tour de rôle.

Nous affirmons que le gouvernement se trompe lourdement sur le rôle et l’importance de la culture. Le silence et l’indifférence affichés par le monde politique, le report sine die de toute perspective, ne peuvent plus durer. Nous exigeons dès aujourd’hui des réponses concrètes, concertées et créatives de la part de nos représentants.